Mairie de Coulgens - Tourisme - La fosse "Chenillade"

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La fosse "Chenillade"

Dans son « HISTOIRE DE L'ANGOUMOIS » Vigier de la PILE présente COULGENS comme un « pays sec et maigre qui manque souvent d'eau ». Cette description sévère souligne certes la pauvreté du sol qui est évidente, mais le modeste promeneur saura y trouver le calme et ne manquera pas d'apprécier le pittoresque de ses paysages. Les randonneurs curieux découvriront souvent son histoire, très ancienne, mais certains sites demeurent inconnus pour un grand nombre car, tapis au fond des bois, sous un manteau de verdure, à l'écart des activités des hommes, ils ne sont animés que du passage des bêtes sauvages, du vent, et du chant des oiseaux.

Tel est le cas de ce vaste entonnoir de quelques centaines de mètres de circonférence appelé « LA FOSSE CHENILLADE ». Elle est située à 1,5 km du bourg, à proximité du puits et de la fontaine du village de Sigogne. Il s'agit là d'un phénoméne géologique dont l'origine, la formation sont identiques à celles de la « GRANDE FOSSE » en forêt de LA BRACONNE. Un excellent article publié par M. Jean-Michel RAINAUD dans le n° 11 des ETUDES LOCALES de LA ROCHEFOUCAUD en Décembre 1998 nous fournit une documentation parfaite sur ces «  fosses d'effondrement « .
L'aspect actuel de notre région prend son origine vers la fin de l'ère secondaire. Selon les renseignements portés sur la carte géologique de l'I.G.N., ces calcaires qui constituent une grande partie de notre sol, seraient le résultat d'un dépôt qui s'est formé au Kimméridgien Inférieur, période de grande pénétration de la mer dans notre continent. Durand quelques dizaines de millions d'années, cette sédimentation s'est poursuivie dans un calme tectonique favorable. Mais les mouvements qui animent l'écorce terrestre firent surgir de nouveaux reliefs. Sous ces poussées la mer se retira, de nouvelles montagnes s'élevèrent (Pyrénées – Alpes – Jura), et les vieux massifs hercyniens se trouvèrent bousculés.

Une nouvelle ère géologique se substituait à cette longue période de sédimentation marine, l'ère tertiaire commençait. En même temps que s'opérait la régression marine, les dépôts calcaires s'arrêtaient. Alors commença un long travail d'usure des matériaux mis en place par la mer à l'ère précédente. A cette érosion atmosphérique s'ajouta l'action de la tectonique, qui, provoquant de profondes cassures ou failles, permit la pénétration d'une grande quantité d'eau dans la roche calcaire, favorisant ainsi sa dispersion en d'infinis réseaux invisibles. Avant d'entreprendre leur mystérieux parcours souterrain, les eaux ont nécessairement effectué un transit aérien où elles ont absorbé une partie du monoxyde de carbone présent naturellement dans l'atmosphère terrestre. Ainsi chargé de gaz carbonique, cette eau devient un agent d'érosion plus agressif car il a la particularité de dissoudre les roches carbonatées. Des galeries, des cavités se forment au gré du cheminement des eaux, établissant ainsi un réseau hydraulique souterrain très complexe. Ces formations, pour la plus grande partie évidemment invisibles, sont d'une importance difficile à imaginer. Cependant, il arrive que le plafond d'une de ces cavités devienne plus fragile en raison de sa faible épaisseur, alors il s'effondre faisant apparaître un trou béant que l'on appelle : «  une fosse « . Mais l'érosion ne s'arrête pas pour autant, et sa poursuite peut générer un agrandissement de cette dépression par des effondrements ultérieurs d'autres cavités situées à proximité. Une fosse peut donc ainsi s'agrandir, sans qu'il soit possible d'en situer le moment en raison de la lenteur même de ce phénomène.

L'origine de nos fosses est donc là, dans un processus qui ne s'arrête jamais, poursuivant patiemment l'élaboration de ces curiosités géologiques qui étonnent souvent par leurs dimensions. Ce sont aussi pour l'humble promeneur en quête de calme et de paix, des lieus empreints d'une grande sérénité, particulièrement propices à la détente et à la rêverie…

James SAUVAGE

   page modifiée le 27-11-2009 à 00:02    

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