Le Logis de Sigogne, redevenu aujourd’hui une demeure familiale, a traversé les guerres et les révolutions.

A maintes reprises, il s’est relevé de la ruine et des affres du temps.

Au XIIIe siècle, le seigneur de Sigogne construit, sur la terre familiale, les bases d’une tour porche, visible aujourd’hui, et une salle de justice attenante.
Le premier étage de la tour a pu successivement servir de prison, de chapelle et de salle des gardes. On y accédait par un escalier droit en pierre, devenu plus tard un escalier secret que l’on peut toujours emprunter.

Au XIVe siècle, Sigogne était devenue une place fortifiée avec un logis noble. En atteste la présence d’un puits et d’un cellier datant de la même époque. Le puits toujours visible au centre de la cour.

A la fin du XIVe siècle un incendie a ravagé la tour et les bâtiments attenants , est-ce du à la Guerre de 100 ans, nous ne le savons pas.
A la fin du conflit, et avec le passage à la Renaissance, le Logis est reconstruit, d’abord la Tour, haute alors de 25 mètres, et, à l’emplacement de l’ancien système défensif, un logis plus vaste, côté nord, que protégeait une tour d’angle.

Mais les guerres de religion embrasèrent la France, le Logis devient une place forte comme en atteste les meurtrières percées à cette époque.

Affaibli par les années de conflits et les années de disettes qui s’en suivirent, le Logis perd peu à peu de son prestige et de sa puissance. Il passe de mains en mains au cour du XVII siècle, pour être cédé, en 1717 à Jean de Bourdage.
Ce dernier se met en tête de restaurer Sigogne et de lui redonner son lustre d’antan. Il fait construire sur des bâtiments anciens un vaste logis de style XVIIe, perpendiculaire au logis Renaissance. Vers 1750, il surplombe la cour de ses trois étages. Les tours sont coiffées de toitures.

Le Logis dans les années 1920

Mais la Révolution Française intervient et les propriétaires s’enfuient en Ecosse, le peuple arase les tours et burinent les trois blasons qui ornent encore la porte du donjon et en 1794 la terre et le logis sont vendus comme Biens nationaux aux enchères publiques et divisés.

Au cours des près de 200 ans qui suivent le bâti tombe petit à petit totalement à l’abandon, à tel point que les constructions, qui menacent de s’écrouler, finissent par être rasées, tant est si bien qu’il ne reste plus qu’un étage et demi du donjon encore debout, mais un arbre a poussé sur la voûte et les ronces ont tout envahi.

En 1985, le Club archéologique MARPEN, une association locale, achète le domaine avec le projet fou de relever le donjon, de restaurer ce qui peut l’être encore, et de construire un nouveau corps de bâtiment.
Dès l’été 1986, les travaux de restauration commencent avec les bénévoles de l’association. Puis ce seront, tous les étés, les chantiers de jeunes venus de toute l’Europe qui petit à petit restaureront le Logis.
En plus d’un travail remarquable, c’est une véritable aventure humaine que ces chantiers. Mais, l’association subie de grandes difficultés financières, et se voit contrainte de mettre en vente le Logis et le projet reste inachevé. 

En 2018, M. et Mme Ferrant achètent le site au Club Marpen. Après deux ans de travaux, le logis de Sigogne, réhabilité et meublé, renoue enfin avec le passé : il est de nouveau une demeure familiale. Une nouvelle page de son histoire tournée vers l’avenir…

800 ans d’histoire et une promesse d’avenir…

Le Logis de Sigogne est ouvert à la visite pour les Journées du patrimoine.